ARRÊTÉ N° 0002/MINAC/CAB DU 28 MARS 2016 FIXANT LES DISPOSITIONS COMMUNES APPLICABLES AUX STATUTS, RÈGLEMENTS GÉNÉRAUX ET CODES ÉLECTORAUX DES ORGANISMES DE GESTION COLLECTIVE DU DROIT D’AUTEUR ET DES DROITS VOISINS, MODIFIÉ ET COMPLÉTÉ PAR L’ARRÊTÉ N°0011/MINAC DU 22 SEPTEMBRE 2016

Le Ministre des Arts et de la Culture,


  • Vu la Constitution ;
  • Vu la loi n°2000/011 du 19 Décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins ;
  • Vu le décret n° 92/089 du 04 Mai 1992 précisant les attributions du Premier
    Ministre, modifié et complété par le décret n° 95/145-bis du 04 Août 1995 ;
  • Vu le décret n° 2011/408 du 09 Décembre 2011 portant organisation du
    Gouvernement ;
  • Vu le décret n° 2012/381 du 14 Septembre 2012 portant organisation du Ministère des Arts et de la Culture ;
  • Vu le décret n° 2015/409 du 02 Octobre 2015 portant réaménagement du
    Gouvernement ;
  • Vu le décret n° 2015/3979/PM du 25 Septembre 2015 fixant les modalités d’application de la loi n° 2000/011 du 19 Décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins ;
  • Vu l’arrêté n° 090/CAB/PM du 29 Septembre 2015 portant organisation et fonctionnement de la Commission de Contrôle des Organismes de Gestion Collective,

Arrête :

CHAPITRE I : DISPOSITIONS GÉNÉRALES

Article 1er. – (1) Le présent arrêté fixe les dispositions communes applicables aux statuts, règlements généraux et codes électoraux des organismes de gestion collective du droit d’auteur ou des droits voisins.

(2) Il est pris en application des dispositions de l’article 19, alinéa 2 du décret n°
2015/3979/PM du 25 Septembre 2015 susvisé.

Article2.- Les dispositions communes énoncent des règles et principes de portée obligatoire dans l’élaboration des statuts, des règlements généraux et des codes électoraux des Organismes de Gestion Collective en vue notamment de l’obtention d’un agrément à l’exercice de la gestion collective du droit d’auteur ou des droits voisins.

CHAPITRE II : DISPOSITIONS COMMUNES APPLICABLES AUX STATUTS

Article 3.- (1) Les statuts sont l’acte constitutif d’un Organisme de Gestion Collective. A ce titre, ils déterminent notamment, la nature de la société, ses règles d’organisation et de fonctionnement ainsi que la qualité d’associé.

(2) Ils édictent des conditions d’adhésion objectives, transparentes et non discriminatoires.

Article 4.- Les dispositions communes applicables aux statuts des Organismes de
Gestion Collective sont relatives aux :

  • modalités de constitution ;
  • incompatibilités ;
  • modalités de gestion des ressources financières ;
  • obligation d’information ;
  • modalité de dissolution et de liquidation de l’Organisme de Gestion Collective.

Article 5.- (nouveau) (1) Les titulaires de droits représentant plus de 50% de ceux inscrits sur le fichier de la catégorie concernée et justifiant de la nationalité camerounaise des principaux dirigeants des organes d’administration et de gestion de l’organisme de gestion collective, ayant décidé de la création d’un tel Organisme, sont constitués en Assemblée Générale représentant l’ensemble des membres.

(2) L’Assemblée Générale visée à l’alinéa (1) ci-dessus, reste ouverte à tout nouvel adhérent dans les conditions fixées par les statuts de l’Organisme de Gestion Collective.

(3) L’acte d’adhésion confère d’office le statut de membre de l’Assemblée
Générale.
(4) Nonobstant les dispositions de l’alinéa (3) ci-dessus, chaque Organisme de Gestion Collective fixe les modalités de représentation de ses membres à l’Assemblée Générale.

Article 6.- (1) Les fonctions de membres des organes dirigeants autres que l’Assemblée Générale des Organismes de Gestion Collective nationale sont incompatibles avec celles de :

  • Membre d’organes d’un autre Organisme de Gestion Collective nationale ;
  • Membre d’organe d’un autre Organisme de Gestion Collective d’un pays étranger ;
  • Responsable d’une entreprise du portefeuille usager de l’Organisme de Gestion
    Collective.

(2) Le statut de membre, d’ayant droit ou d’ayant cause d’un salarié au sein du même Organisme de Gestion Collective.

Article7.- (1) Les statuts fixent le plafond d’engagement de toutes les charges relatives au fonctionnement de la société à 20% des ressources, le reste étant destiné aux répartitions en faveur des ayants droit.

(2) Nonobstant les dispositions de l’alinéa (1) ci-dessus, ce plafond est porté à 35% des ressources pour les trois (03) premières années de la mise en place de l’Organisme de Gestion Collective.
(3) Les trois (03) premières années visées à l’alinéa (2) ci-dessus s’entendent des trois (03) premiers exercices pleins à compter de la date d’obtention de l’agrément à la gestion collective par l’Organisme de Gestion Collective.

Article 8.- (1) Les membres de l’Organisme de Gestion Collective ont le droit d’obtenir communication de tout document social établi ou reçu par l’Organisme de Gestion Collective et de poser des questions écrites ou orales.

(2) Toute personne intéressée a le droit d’accéder à l’information relative au répertoire des membres ainsi qu’à celui des œuvres de l’Organisme de Gestion Collective.

Article 9.- L’Organisme de Gestion Collective est dissout par :

  • l’arrivée du terme ;
  • la réalisation ou la disparition de son objet ;
  • le retrait ou le refus de renouvellement de son agrément ;
  • une décision de l’Assemblée Générale ;
  • une décision judiciaire.


CHAPITRE III : DISPOSITIONS COMMUNES APPLICABLES AUX RÈGLEMENTS GÉNÉRAUX
Article 10.- Les règlements généraux sont un ensemble de dispositions qui complètent les statuts d’un Organisme de Gestion Collective concerné et fixent les modalités de perception, de documentation et de répartition.

Article 11.- (1) Après chaque répartition, les redevances revenant aux œuvres et/ou aux interprétations, aux vidéogrammes et aux phonogrammes non documentés sont conservées pendant un délai de trois

(03) ans dans un compte spécial de réserve, jusqu’à ce que ceux-ci soient documentés.

(2) L’Organisme de Gestion Collective est tenu d’en informer les titulaires présumés ou connus, par tout moyen laissant trace écrite.(3) Les redevances non répartissables revenant aux œuvres et/ou aux interprétations, aux vidéogrammes et aux phonogrammes sont consolidées dans le compte spécial visé à l’alinéa (1) ci-dessus. Elles sont affectées à l’action sociale et culturelle de l’Organisme de Gestion Collective concerné

CHAPITRE IV : DISPOSITIONS COMMUNES APPLICABLES AUX CODES ÉLECTORAUX
Article 12.- Les codes électoraux sont constitués d’un ensemble de dispositions qui complètent et précisent en matière électorale, les statuts et le règlement général d’un Organisme de Gestion Collective. A ce titre, ils fixent les conditions d’éligibilité et la qualité d’électeur ainsi que les modes de scrutin applicables aux différents organes statutaires de l’Organisme de Gestion Collective concerné.

Article 13.- Les dispositions communes aux codes électoraux des Organismes de
Gestion Collective sont relatives aux conditions d’éligibilité et d’inéligibilité.

Article 14. (nouveau) (1) Sans préjudice des dispositions des articles 5 et 6 du présent arrêté, tout titulaire de droit, candidat aux fonctions au sein des organes dirigeants des organismes de gestion collective, doit être de nationalité camerounaise.

(2) Tout titulaire de droit, candidat aux fonctions au sein des organes dirigeants des organismes de gestion collective et frappé d’une incapacité juridique, de déchéance ou ne jouissant pas d’une bonne moralité est inéligible. Dans tous les cas, les codes électoraux fixent des causes d’inéligibilité objectives et non discriminatoires.

CHAPITRE V : DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

Article 15.- Les dispositions spécifiques sont constituées de règles propres et particulières à chaque Organisme de Gestion Collective.

Article 16. (1) L’introduction, la rédaction et/ou la formulation d’une disposition spécifique relèvent de la compétence des organes sociaux des Organismes de Gestion Collective.

(2) En tout état de cause, les dispositions spécifiques doivent être conformes aux conventions internationales régulièrement ratifiées, aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, et à la spécificité du fonctionnement de chaque catégorie de droit d’auteur ou de droits voisins pour laquelle l’agrément à l’exercice de la gestion collective est sollicité.

(3) Aucune disposition spécifique ne pourrait avoir pour effet d’apporter une quelconque dérogation à l’une des dispositions communes énoncées ci-dessus.

(4) Sous peine de refus ou de retrait de l’agrément, aucune dérogation aux dispositions communes fixées par le présent arrêté n’est admise.

Article 17.– Le présent arrêté sera enregistré, publié suivant la procédure d’urgence, puis inséré au Journal Officiel en français et en anglais.

Yaoundé, le 28 Mars 2016

Le Ministre des Arts et de la Culture,

Pr. Narcisse MOUELLE KOMBI

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